OKJA / Bong Joon-ho / NETFLIX / FESTIVAL DE CANNES 2017

 

La liberté narrative chez Netflix.

Thomas Sotinel, Le Monde : "Aucun studio n'aurait produit ce film (OKJA), tellement il passe d'un genre à l'autre, il ne respecte aucun des codes. Le film est au coeur du paradoxe Netflix qui offre à un cinéaste comme Bong Joon-ho un espace de liberté qu'il ne trouvera nulle part ailleurs, et qui en même temps prive le film de son habitat naturel, qui est le grand écran d'une salle de cinéma."

(Enfin Netflix n'interdit pas la sortie en salles, n'était la règle du délai en France.

Le Monde : "L’assurance d’une sortie en salles, qui est presque la règle pour les films produits par le système français, n’est plus la garantie de l’accès au public. Le nombre de titres à l’affiche chaque semaine (souvent une quinzaine), la nécessité pour les salles d’assurer la rotation des films pour garantir une offre renouvelée aux spectateurs assidus, souvent titulaires de cartes d’abonnement, aboutissent à ce que les films ne fassent que passer à l’affiche, avant même que les spectateurs aient le temps de se décider à les voir." )

Extrait de Thomas Sotinel tiré de la vidéo accompagnant l'Editorial du Monde : Cannes contre Netflix, combat d’arrière-garde ?

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Mise à jour / Complément :

Sur certaines audaces et libertés artistiques de Netflix, le contrepoint de Jean-Michel Frodon, qui voit là surtout une récupération de valeurs artistiques reconnues pour légitimer une conquête de marchés. Il faudra certes veiller à ce que ça dure, cet engagement artistique de Netflix. Si Netflix engrange des abonnés pour ce type de contenu audacieux (on pense aussi à The OA de Brit Marling), il aura tout intérêt à en maintenir la production.

-- Jean-Michel Frodon : "Il y a en effet une deuxième leçon à tirer de cet épisode: le rôle à la fois central et complètement biaisé des références à l’art et aux artistes. Ah les braves gens, Sarandos, Bezos et les autres rois du pétrole du moment, comme ils aiment les plus audacieux des créateurs, lorsque les noms des grands auteurs légitiment la conquête d’un marché. Ce n’est pas eux qui se comporteraient comme ces infâmes marchands de soupe des Majors, non non, eux ils aiment l’art, la singularité, la transgression. Ne nous moquons pas: c’est une grande et belle chose que ces gens-là, leurs imitateurs de plus petit calibre, et ceux qui assurent la promotion de leurs affaires dans les médias, aient besoin d’invoquer soudain Scorsese et Assayas, Jane Campion et Bong Joon-ho. Et il est réjouissant que le Festival de Cannes, où les auteurs sont au centre des préoccupations, devienne au moins un temps l’arène de ce débat." (à lire sur SLATE.fr)
 

 

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LILY COLLINS / OKJA / Bong Joon-ho / NETFLIX
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