Terrence Malick, casting de Martin Sheen (La Balade Sauvage) : Je l'ai choisi parce que d'ordinaire les acteurs viennent de familles bourgeoises. Martin vient d'une famille d'ouvriers. Les autres n'avaient pas l'authenticité qu'il apportait au rôle

Terrence Malick :

"Martin Sheen a été trouvé par hasard bien qu'il ait joué auparavant. Il ne voulait pas jouer dans un film indépendant parce que ces tournages sont toujours précaires. Et finalement il a travaillé sur le film. (...) Il était un peu âgé pour le rôle - la trentaine - mais je l'ai choisi parce que d'ordinaire les acteurs viennent de New York ou de Californie, et de familles bourgeoises : c'est l'argent de leurs parents qui leur permet de traîner dans l'attente d'un rôle. Même s'ils sont fauchés, ils sont toujours privilégiés, puisqu'ils savent qu'ils peuvent compter sur leur famille. Mais Martin vient d'une famille d'ouvriers. Il a neuf frères et une soeur. Son vrai nom est Ramon Estevez (...) ; son père était concierge d'une banque à Dayton dans l'Ohio. (...) Les autres acteurs n'avaient pas l'authenticité qu'il apportait au rôle. Je ne connaissais pas dans le détail sa biographie, mais il y avait une vérité en lui qui ne trompait pas."

"Les gens croient que lorsqu'on a souffert dans la vie, on se comporte comme un animal blessé, que l'on montre ses blessures comme si elles étaient survenues la veille. Et c'est ce qui se passe souvent au cinéma. Mais dans la vie, la souffrance des gens est cachée, c'est leur seule façon de survivre. C'est ce qui arrive à Kit. Et loin de les avoir grandis, de les avoir rendus plus "profonds" et inoffensifs, ce qui est un mythe auquel croient les Américains, la souffrance, au contraire, les a rendus mesquins, étroits d'esprit et durs. C'est ainsi que Kit est devenu narcissique, mais pas dans le sens d'une recherche de la racine de ses problèmes, bien plutôt comme un poseur qui n'aime pas être ce qu'il est."

(Extraits d'un entretien de Terrence Malick avec Michel Ciment, mars 1975, Autour de La Balade sauvage. Entretien complet : Michel Ciment, Petite planète cinématographique, 50 réalisateurs, 40 ans de cinéma, 30 pays, Editions Stock, page 436 et page 435)

Terrence Malick, casting de Martin Sheen (La Balade Sauvage / Badlands) : Je l'ai choisi parce que d'ordinaire les acteurs viennent de familles bourgeoises. Martin vient d'une famille d'ouvriers. Les autres n'avaient pas l'authenticité qu'il apportait au rôle
Terrence Malick, casting de Martin Sheen (La Balade Sauvage / Badlands) : Je l'ai choisi parce que d'ordinaire les acteurs viennent de familles bourgeoises. Martin vient d'une famille d'ouvriers. Les autres n'avaient pas l'authenticité qu'il apportait au rôle
Terrence Malick, casting de Martin Sheen (La Balade Sauvage / Badlands) : Je l'ai choisi parce que d'ordinaire les acteurs viennent de familles bourgeoises. Martin vient d'une famille d'ouvriers. Les autres n'avaient pas l'authenticité qu'il apportait au rôle

 

Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Natalie Portman, Michael Fassbender, Rooney Mara, Ryan Gosling

Song to Song

Terrence Malick 2017

 

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"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

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