Eugenio Barba :

"Tell me a story... the rest is silence. (...)

Toute action devient histoire quand quelque chose l'empêche de courir directement à sa conclusion. Quels que soient le point de départ et le point d'arrivée, chaque histoire est faite de péripéties - méandres - qui la font dévier de sa course en ligne droite. Tant de gens l'ont expliqué et redit de manière si convaincante que c'est devenu un lieu commun. Son revers intelligent, facétieux ou provocateur, ce sont ces tragédies en deux répliques inventées par les futuristes (Le rideau se lève. Lui : "Je t'aime". Elle : "Moi pas". Lui et elle à  l'unisson : "Adieu". Le rideau tombe). Sans contretemps, une histoire ne se réduit pas à l'essentiel, mais devient une sorte de gnome, sans rien entre la tête et la queue. Ce n'est plus une histoire mais un TGV."

"Un théologien médiéval aurait prétendu que notre besoin d'histoires est le signe de l'imperfection humaine. Il nous aurait rassurés : dans l'au-delà nous n'aurons plus besoin du récit, la vision suffira, et nous comprendrons les choses humaines et divines en pénétrant du regard jusqu'à leur sein, en les voyant à l'intérieur (du latin intuere, d'où intuition)."

(Eugenio Barba, Du regard à la vision, Brûler sa maison, L'Entretemps Editions, pages 130 et 136)

Photos : Brit Marling raconte une histoire dans The OA, Netflix 2016. WATCH.

 

BRIT MARLIING - THE OA - NETFLIX
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