Eugenio Barba :

"Tell me a story... the rest is silence. (...)

Toute action devient histoire quand quelque chose l'empêche de courir directement à sa conclusion. Quels que soient le point de départ et le point d'arrivée, chaque histoire est faite de péripéties - méandres - qui la font dévier de sa course en ligne droite. Tant de gens l'ont expliqué et redit de manière si convaincante que c'est devenu un lieu commun. Son revers intelligent, facétieux ou provocateur, ce sont ces tragédies en deux répliques inventées par les futuristes (Le rideau se lève. Lui : "Je t'aime". Elle : "Moi pas". Lui et elle à  l'unisson : "Adieu". Le rideau tombe). Sans contretemps, une histoire ne se réduit pas à l'essentiel, mais devient une sorte de gnome, sans rien entre la tête et la queue. Ce n'est plus une histoire mais un TGV."

"Un théologien médiéval aurait prétendu que notre besoin d'histoires est le signe de l'imperfection humaine. Il nous aurait rassurés : dans l'au-delà nous n'aurons plus besoin du récit, la vision suffira, et nous comprendrons les choses humaines et divines en pénétrant du regard jusqu'à leur sein, en les voyant à l'intérieur (du latin intuere, d'où intuition)."

(Eugenio Barba, Du regard à la vision, Brûler sa maison, L'Entretemps Editions, pages 130 et 136)

Photos : Brit Marling raconte une histoire dans The OA, Netflix 2016. WATCH.

 

BRIT MARLIING - THE OA - NETFLIX
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THE OA - NETFLIX
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Michael Fassbender - Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

Natalie Portman, Michael Fassbender, Rooney Mara, Ryan Gosling

Song to Song

Terrence Malick 2017

 

* * * * * * *

 

"SONG TO SONG. ...an associative freedom that makes almost all other movies look, by comparison, like the stodgiest vestiges of filmed theatre. (...) Within the shifting romantic triangle of “Song to Song,” Terrence Malick develops an overwhelming, rapturous variety of visual experience". "Malick makes art—his art—the subject of the film.... This seventy-three-year-old filmmaker looks to the heart of his own inspiration, his own impulses, and creates a cinema that, with the creative command of his own life experience, feels more exuberantly youthful than that of most Sundance phenoms."

Richard Brody / The New Yorker

 

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman - SONG TO SONG - Terrence MALICK

 

POSITIF - Revue de Cinéma - Numéro 676, juin 2017 - Couverture : Natalie Portman / MALICK

 

"Aucun film de Malick ne donnait à ce point un vertige troublant du réel saisi dans une perspective physique inédite. Corps abîmés, rockers ivres, errants ou violents, tatouages obsédants ou inquiétants, maisons délabrées, tout ce qui existe doit être source de contemplation.

La forme humaine est éloquente, à méditer, occasion de fulgurantes sensations de beauté. "L'Amour se trouve dans la forme humaine, divine", médite ainsi l'héroïne Faye (Rooney Mara), citant des vers de William Blake." (...)

"Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)". (...)

"La figure du jump cut et de l'association (segments discontinus d'une même scène ou émotion, lien flottant entre les plans) s'accomplit dans cette exploration de l'intermittence au sens proustien - l'examen microscopique des envies, des pulsions, des moments, des éclats et des éclipses des sentiments dont le regard plus vaste ne voit que les trajectoires". (...)

Pierre Berthomieu  :  Song to Song  J'ignorais que j'avais une âme  / POSITIF Revue de cinéma, juin 2017

 

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