Baudelaire prend la défense de l'oeuvre. « Il me semblait que cette musique était la mienne. »
Baudelaire, Richard Wagner et Tannhäuser à Paris
"Ce n’est ni en jeune homme, ni en dandy que Baudelaire s’attela à la tâche difficile qu’était la défense du Tannhäuser de Wagner. Nous sommes en 1861. La seconde édition des Fleurs du Mal vient de paraître. La seule critique musicale de Baudelaire – brillante, méditée et même intimiste – est donc consacrée à Richard Wagner, dont la force créative est comme l’écho des pensées et de l’imaginaire de Charles Baudelaire dans son recueil de poésie.
Le 13 mars 1861, le Tannhäuser est représenté pour la première fois à l’Opéra de Paris. Les longues répétitions et le lourd investissement de Wagner pour faire accepter son œuvre ne suffisent pas à convaincre le public français, qui siffle et crie au scandale. Tannhäuser est retiré de l’affiche après seulement trois représentations. C’est en tant qu’ami, admirateur et surtout en défenseur convaincu que Baudelaire impose sa critique. La dernière partie de ce texte, Encore quelques mots, apparaît en supplément lors de publications postérieures, comme pour venger l’affront fait au grand compositeur.
Les critiques d’art de Baudelaire sont connues et nombreuses, et on s’étonne presque de cette critique musicale, unique en son genre; on méconnaît presque l’intérêt de Baudelaire pour la musique. Il avoue lui-même à Wagner, dans une lettre passionnée qu’il lui écrit le 17 février 1860, qu’il « ne sait pas la musique ». Son éducation musicale s’est en fait bornée (de son propre aveu) à l’écoute de quelques morceaux de Weber ou de Beethoven. On conçoit cependant l’importance de la musicalité de certains poèmes, tels que L’invitation au Voyage ou Le jet d’eau. Baudelaire, dans ces critiques d’art, fait également parfois référence à la musique pour comparaison.
Mais ces éléments ne suffisent pas à expliquer la pleine passion que Baudelaire éprouve quand il découvre la musique de Wagner. Il écrit : « Il me semblait que cette musique était la mienne. » La force des élans lyriques de cette musique s’inscrit comme un miroir de sa propre vie, de ses propres passions – et enfin de tout l’univers baudelairien, tel qu’il était récemment apparu dans la seconde édition des Fleurs du Mal. Ainsi, dans ce texte, Baudelaire évoque les correspondances, compare les rêveries musicales à celles introduites par l’usage de l’opium, y projette ses passions. Sans doute Baudelaire reconnaît dans le refus de Tannhäuser sa difficile condition de poète. Et Wagner lui-même se déclare « enivré » par la critique du poète."
Article :
http://baudelaire.litteratura.com/?id=28&rub=oeuvre&s=1&srub=cri#
Vidéo : Tannhauser pilgrim's chorus Bayreuther Festspiele
Spas Wenkoff / Gwyneth Jones / Bernd Weikl / Robert Schunk / Franz Mazura
Orchestre du Festival de Bayreuth / Sir Colin Davis
Stage director Götz Friedrich
Conductor Colin Davis
Landgraf Hermann Hans Sotin
Tannhäuser Spas Wenkoff
Wolfram von Eschenbach Bernd Weikl
Walther von der Vogelweide Robert Schunk
Biterolf Franz Mazura
Heinrich der Schreiber John Pickering
Reinmar von Zweter Heinz Feldhoff
Elisabeth Gwyneth Jones
Venus Gwyneth Jones
Ein junger Hirt Klaus Brettschneider
Edelknaben Irene Hammann, Angelika Jung-Nowski, Roswitha Korff-Krüger, Natuse von Stegmann
Ballett soloists Lynne Charles, Kevin Hagen
Chor und Orchester der Bayreuther Festspiele
Stage design: Jürgen Rose
Costumes: Jürgen Rose
Video director: Thomas Olofsson
Chorus master: Norbert Balatsch
Filmed at the Bayreuth Festival 7-10 July 1978
