FILMS

Dans la scène de cérémonie masquée d'Eyes Wide Shut, l'étrangeté vient de ce que Jocelyn Pook mélange des cordes et différentes voix récitant des psalmodies échantillonnées à l'envers, magnifiant l'impression de secret obscur et de connivence sectaire
Roman Polanski : Je ne veux pas que le spectateur pense ceci ou cela : je veux simplement qu’il ne soit sûr de rien. C’est cela le plus intéressant : l'incertitude
Chez Rohmer, le théâtre du quotidien est bordé par des gouffres qui ont pour nom le sexe, la mort ou Dieu. Ouvrir la porte serait prendre le risque de se confronter au réel, au néant. Face à cette hésitation tragique, ils préfèrent faire marche arrière
Jim Jarmusch : les personnages arrivent au point d'éprouver une certaine émotion les uns envers les autres, mais quand ils parviennent à ce point-là, ils se séparent toujours
Bernard Zitzermann, directeur de la photographie : Le Mépris c'était Matisse au cinéma. Coutard avec Godard ont inventé quelque chose qui n'a, hélas, pas fait école. J'aime les tons chauds que je préfère à la vogue actuelle du bleu HMI
Patty Jenkins, Twitter, James Cameron, Wonder Woman, Gal Gadot : Women can and should be EVERYTHING. If women always have to be hard, tough, troubled to be strong, and we aren’t free to be multidimensional, celebrate an icon, attractive and loving, then we haven’t come very far
Eisenstein : On dira : "le spectateur n'y fait pas attention", "le spectateur ne remarque pas", "le spectateur ne crie pas". Parfaitement exact
John Cassavetes : Si nous avions fait Shadows à Hollywood, nos comédiens n’auraient pas eu la moindre chance de révéler leur immense talent
Twin Peaks (David Lynch Mark Frost 1990) / Knight of Cups (Terrence Malick 2015) : This was a vision, nice and clear as a mountain stream. The mind revealing itself to itself. In my vision I was on the verandah of a vast estate, a palazzo of some fantastic proportion. There seemed to emanate from it a light from within this gleaming, radiant marble
Song to Song | Terrence Malick
Andrew Sarris : C'est plus facile qu'avant de faire des films, mais le goût des masses est bloqué ; la seule rencontre qu'ils feront avec le film est votre texte
Andrew Sarris : Les critiques de cinéma sont mal dans leur peau, très vulnérables parce que tout le monde a une opinion sur le cinéma. Leur domaine n'est pas protégé, ce n'est pas comme le critique d'art. Donc leur écriture doit être plus exhibitionniste
Andrew Sarris : A chaque décade on entend le même refrain : c'est la fin du cinéma. Mais le cinéma continue. Simplement, nous ne percevons pas ses nouvelles formes
Marcel Proust : D'ailleurs, ceux qui théorisaient ainsi employaient des expressions toutes faites qui ressemblaient singulièrement à celles d'imbéciles qu'ils flétrissaient. L'art véritable n'a que faire de tant de proclamations
Jeanne Moreau : "Mon agent m'a dit : "si vous tournez avec ce type (Louis Malle), on arrête de travailler ensemble". J'ai choisi le danger."
Natalie Portman / Xavier Dolan / The Death and Life Of John F. Donovan
Malick, Song to Song / Dostoïevski, Les Carnets des Karamazov : Et quand bien même les derniers jours vous ne seriez plus que deux, tombe, baise la terre, pleure et aime insatiablement ! J'ai constamment rêvé à cela que 2 restent
Jeanne Moreau : J'aime beaucoup les sitcoms. C'est rassurant, un peu comme les enfants qui aiment un conte de fées et qui veulent qu'on leur raconte toujours le même, quarante fois
Rooney Mara donnant à Ryan Gosling sa liberté. - Ryan Gosling : "I had to go back and start over. Like a kid." - Song to Song, Terrence Malick
Antoine Compagnon : Proust s'interroge sur cette propriété du génie : "La vraie variété est dans cette plénitude d'éléments réels et inattendus, dans le rameau chargé de fleurs bleues qui s'élance contre toute attente"
Eric Rohmer : J'ai toujours fait des films pour qu'ils prennent tout leur intérêt lorsqu'on y repense, pas seulement pour l'impression immédiate. Il faut que j'aie pu en rêver
Michelangelo Antonioni / Maria Schneider / Jack Nicholson
Jean-Louis Comolli : le début d'un film, c'est une sorte de moment de grâce, où le spectateur est disponible à toute une série de coups de force, d'actes d'écriture apparemment arbitraires, dont il aura après la possibilité de comprendre la nécessité
Premier plan / Dernier plan | Terrence Malick | La Trilogie contemporaine : A la merveille / Knight of Cups / Song to Song
Rooney Mara, voix off : "I never knew I had a soul. The word embarrassed me. I've always been afraid to be myself." - En fond musical, sur lequel elle danse : "Please let me be"  (Song to Song, Terrence Malick)
Les impressions que m'ont laissées mes débuts au cinéma parlant ? J'ai trouvé cet art plus difficile que le cinéma muet. Un mot d'amour, pourtant émouvant, peut si facilement faire rire !
Michel Ciment à Nicolas Guérin : Beaucoup de jeunes cinéastes ne voient pas du tout de tableaux, de peintures. Tous les grands cinéastes que j'admire avaient une grande culture picturale
Michel Ciment : Les grands cinéastes de l'imaginaire ont tout le temps été attaqués. Un cinéma de l'imaginaire où on nous demande de pénétrer dans la tête de quelqu'un. Or chacun a des rêves différents
Il nous faut "réapprendre l'émerveillement", écrivait Ionesco. Le parfait contraire de l'indifférence. "J'avais une méthode pour me tirer de la tristesse ou de la peur", confiait Ionesco
Godard : Je dois représenter encore la possibilité de dire : on peut encore faire le film qu'on veut en dehors des sentiers habituels. Ce qui est difficile, ce n'est pas de trouver de l'argent, c'est de faire le film qu'on doit faire, à sa manière
Ryan Gosling : Tu as déjà couché avec lui ? - Roland Barthes / Song to Song : Avec la première scène (dispute amoureuse), le langage commence sa longue carrière de chose agitée et inutile
Albertine disparue / Song to Song (Proust / Malick) : Divisée en petits dieux familiers, elle habita longtemps la flamme de la bougie, le bouton de la porte, le dossier d'une chaise... | Cette exploration de l'intermittence au sens proustien / Chaque impression évoquait une impression identique mais blessée
Rooney Mara, Song to Song : Je sais que tu veux toujours savoir la vérité, mais pas moi. Parfois la vérité n'est pas la bonne chose à dire. Tu peux blesser quelqu'un en la disant | Terrence Malick
Tarkovski : Pour le montage, mon principe est le suivant : le film est comme un fleuve : le montage doit être infiniment spontané, comme la nature même
Paul Valéry défend Terrence Malick (et Marcel Proust) de l'accusation de dépeindre des privilégiés
Sight&Sound : SIGNS AND WONDERS / the late works of Terrence Malick | 'Knight of Cups' improves on repeated viewings, which allow for a better acquaintance with the emotional dilemmas of its characters
René Girard : Ce n'est plus l'image, ici, qui sacralise la perception, c'est la perception qui sacralise l'image. Mais Proust traite cette fausse image en image vraie et lui fait réfléchir le sacré d'emprunt qu'elle tient du médiateur
Peter Greenaway : J'allais voir des films commerciaux comme tout le monde. Un jour un ami m'emmena voir Le Septième Sceau de Bergman. C'est alors que je me suis rendu compte des possibilités du cinéma
Terrence Malick : Kit pense qu'il est un personnage d'un poids historique. Mais la fille, sa meilleure historienne, vit une autre vie, si bien que son histoire coule à pic, sans laisser de traces
Jane Campion : Explorer plusieurs niveaux. Il suffit de le vouloir, comme David Lynch. C'est une chose courante en littérature  et je ne vois pas pourquoi on ne le ferait pas au cinéma
Maurice Pialat : Ma déception vient surtout de là. Je fais trop confiance au public et je place la barre trop haut. En fait, les gens aiment ce qui est facile. Et qu'on le veuille ou non, le cinéma a besoin de succès
Alan Schneider, à propos des critiques : A mesure que l'on monte les nouvelles pièces, les anciennes s'améliorent (à leurs yeux) tandis que la pièce en cours est détestable
David Fincher : A l’inverse de la télévision, le cinéma a perdu de sa richesse. Quand vous allez au cinéma, vous allez au spectacle, et quand vous regardez une série, vous allez à la bibliothèque
Christophe Honoré : Ne plus vouloir entendre parler du théâtre n'est pas si éloigné de ne plus vouloir entendre parler du vivant. L'idée que le théâtre pue, comme le vivant sent mauvais, est de plus en plus commune dans le milieu cinématographique
Pierre Berthomieu (POSITIF) : Malick, Song to Song : Voyageuse, éprise, inlassable, la caméra célèbre et révère les courbes des hanches, du bassin, le bas-ventre féminin, comme le Cantique des Cantiques (Song of Songs)
John Cassavetes : Tous les acteurs de valeur sont lunatiques, impossibles à vivre. Il est bien qu'il en soit ainsi. Pour jouer vous voulez quelqu'un qui soit en colère. Ce qu'il faut, c'est une compréhension des problèmes humains
Grzegorz Jarzyna : Ce qui me manque le plus au théâtre, c'est la possibilité de s'approcher pour voir le visage du comédien. Comment trouver un procédé équivalent au plan rapproché au théâtre ? Moi, j'essaye de placer le comédien sur le proscenium
Satyajit Ray : L'idée au coeur de tous les arts : j'ai voyagé à travers le monde entier, vu des montagnes et des mers, tout. La seule chose que j'ai manquée, c'est d'avoir franchi le pas de ma porte pour voir une goutte de rosée sur une feuille d'herbe
Robert Bresson : On m'accuse maintenant de traîner à la fin d'une scène parce que dans les films actuels, dès que le dialogue s'arrête, ou il faut de la musique ou il faut passer à un autre dialogue. On considère, sinon, qu'il y a un trou !
Lars von Trier : Si les choses existent dans l'esprit des gens comme dans la réalité, elles doivent être montrées. C'est une obligation
Philippe Garrel : Le cinéma idéal ça serait des couples qui tournent pour le bonheur de tourner, c'est tout; le montrer, c'est malgré tout. Ou alors le montrer à son amour pour qui on a fait le film, ou à son meilleur ami
Louise Chevillotte, Esther Garrel | L'Amant d'un Jour | Philippe Garrel
Werner Herzog : Au cinéma, il y a plusieurs niveaux de vérité et le soi-disant cinéma-vérité représente la vérité la plus primaire et la plus ennuyeuse. Aguirre, ce qui m'intriguait, me fascinait, c'était cette fièvre qui possédait gens et paysages
John Cassavetes : moi-même, je suis à moitié fou. Et je pense que tout le monde est au bord de la folie mais ne veut pas l'admettre et prétend que c'est l'autre qui a tort
Marcel Proust : Aujourd'hui quand une femme agit bien, c'est par une revanche de sa nature instinctive sur sa morale, c'est-à-dire sur son immoralité théorique (voyez le théâtre de MM. Halévy et Meilhac)
Mylène Mackay : NELLY | Prix de la Meilleure Actrice / BEST ACTRESS (Gala Québec Cinéma 2017) | TIFF Rising Stars of 2016
Netflix aux créateurs : Vous devez prendre plus de risques car nous serons plus durs dans le renouvellement ou non des séries (si elles ne sont pas le diamant que nous cherchons)
Il y a des choses qu'on ne trouve pas dans les livres | Lara Flynn Boyle : Donna Hayward | TWIN PEAKS
Michel Ciment : Le goût de l'imaginaire et du fantastique. La grande rupture entre Freud et Jung se joue là-dessus. David Cronenberg l'a remarquablement montré dans A DANGEROUS METHOD
Twin Peaks présente un regard avant tout masculin sur la femme et offre un véritable catalogue de fantasmes d'hommes hétérosexuels : les jeunes filles évoluent entre l'écolière sage et la prostituée cachée
Michel Ciment : J'en avais discuté avec Cronenberg. Chez les cinéastes d'origine juive (comme Kubrick, Polanski, ou lui), c'est la rationalité qui l'emporte. Alors que les cinéastes de formation chrétienne, c'est jungien, et l'imaginaire l'emporte
Daphné PATAKIA | DJAM | Tony Gatlif
Netflix offre à un cinéaste un espace de liberté qu'il ne trouvera nulle part ailleurs. Aucun studio n'aurait produit ce film (OKJA), tellement il passe d'un genre à l'autre, il ne respecte aucun des codes | Thomas Sotinel, Le Monde
Terrence Malick, casting de Martin Sheen (La Balade Sauvage) : Je l'ai choisi parce que d'ordinaire les acteurs viennent de familles bourgeoises. Martin vient d'une famille d'ouvriers. Les autres n'avaient pas l'authenticité qu'il apportait au rôle
Il faudrait plus d'apprentissage sur les émotions au lycée | Netflix / 13 Reasons Why
Roxane Mesquida | Malgré la nuit | Philippe Grandrieux | Qu'est-ce que tu veux que je fasse de ton âme ?

Pages