ART DU CINEMA

Stéphane Audran : Buñuel, quand je l'ai rencontré, il m'a dit : "Ne pensez à rien". Et c'est vrai que des idées trop précises sur un personnage vous entraînent en pleine illusion
Antonioni : Un plan n'est pas un tableau. A partir de Zabriskie j'ai évité une certaine beauté formelle ; j'ai besoin d'être plus près de la matière, je ne veux pas que la beauté extérieure dérange l'histoire que je veux raconter
Les Garçons sauvages / Vimala Pons, Mathilde Warnier, Diane Rouxel, Anaël Snoek, Pauline Lorillard | Bertrand Mandico
Du corps et par le corps | Jean-François Dusigne, La direction d'acteurs peut-elle s'apprendre ?
Jerzy Klesyk / Anatoli Vassiliev : Si l'on dit ce que l'on sait déjà nous sommes déjà dans le cliché. C'est l'énigme qui personnellement me maintient en éveil
Claire Lasne Darcueil : Par de telles impostures on trouve l'énergie de redécouvrir les textes, les personnes, le monde ; dans l'appétit de transformer tout, puisqu'on ne sait rien du tout
Adèle Haenel : Demander à quelqu'un de se contenter d'être jolie, c'est l'empêcher d'exister. Donc l'enjeu, c'est quand même de défendre sa liberté. On ne peut pas exister que pour le regard des autres
Philippe Garrel / Jean-Claude Carrière : Etre scénariste, c'est savoir s'exprimer en dépassant sa propre honte. Les endroits les plus intéressants de sa propre vie ne sont pas ceux dont on est fier
Game of Thrones. Winter is coming, interminable imminence. Le ralentissement face à l'accélération technologique et le désir du retour à un apprentissage dans la difficulté
Coeurs purs | Roberto De Paolis : Pour envisager de rester ensemble, ils doivent apprendre à s’éloigner des convictions sur lesquelles ils se sont construits | Roberto De Paolis | Selene Caramazza, Simone Liberati
Game of Thrones. "L'anti-série est devenue la série la plus regardée au monde. L'écriture seule, alors, semblait pouvoir déverrouiller un imaginaire affamé de grandeur"
Tolkien assigne trois buts à la fantasy : le rétablissement, l'évasion, la consolation, trois choses dont les adultes ont plus besoin que les enfants. Pour que cela opère, il faut que le lecteur puisse faire preuve de créance secondaire
Les trois montages de François Ozon : Dans le premier montage, on met tout, puis j'ai tendance à trop raccourcir ; dans un troisième temps, on rétablit des choses pour donner des respirations
Les Révélations 2018 / Comédiennes Comédiens | Le film de Deniz Gamze Ergüven | Académie des César | Présélections pour le César 2018 du Meilleur Espoir Féminin et le César 2018 du Meilleur Espoir Masculin | Acteurs et Actrices
Actresses / Actrices / Comédiennes
Sara Serraiocco Showreel
Vimala Pons : Grandir, les Anciens ils nous disent pas assez, que c'est bien. Le syndrome de la jeune fille, on a juste ce syndrome-là autour de nous, partout, placardé, alors que j'ai l'impression que de grandir, c'est génial
Marcel Proust : Vinteuil. Preuve de l'existence irréductiblement individuelle de l'âme, c'était quand il cherchait puissamment à être nouveau, qu'on reconnaissait, sous les différences apparentes, les similitudes profondes au sein d'une oeuvre
Robert Bresson : Je ne récuse rien. Je prends plaisir à toutes sortes de films. Je me sens proche de tous ceux qui n'ont pas suivi ou ne suivent pas une mode
et passent dans la vie les yeux baissés | Flaubert / Robert Bresson | Les visages aux yeux baissés de Marika Green, Laetitia Carcano, Anne Wiazemsky, Florence Delay, Dominique Sanda
Johnny Hallyday, acteur : quand on veut travailler avec un metteur en scène, on le lui dit. Dans ce métier, personne ne pense à personne
Catherine Breillat : On ne devient pas une grande actrice par hasard. L'incroyable beauté des stars, elle l'a acquise de l'intérieur. On n'imagine le travail auquel Isabelle Huppert s'astreint que lorsqu'on voit les notes dont elle macule ses scripts
Jeanne Moreau : L'état du comédien. A partir du moment où cette docilité n'est pas prise comme une humiliation, que l'on comprend que ça va nous conduire à faire des découvertes, ça marche
Tonino Guerra : Pour la sortie d'un film, les questions posées par les journalistes sont des questions auxquelles peuvent répondre les scénaristes, sur le contenu du film, tout cela figure dans le scénario. Très rares sont les questions sur le style
Jeanne Moreau : On veut toujours tout expliquer et l'incompréhension grandit entre les individus. Il y a une dichotomie absolue. Quoi qu'on en dise et quoi qu'on fasse, la personnalité d'un être humain est la chose la plus mystérieuse au monde
L'artiste septuagénaire
Coffret DVD Terrence Malick Trois Films d'amour : A la merveille / Knight of Cups / Song To Song / La Trilogie contemporaine de Terrence Malick : Paris, Los Angeles, Austin / Coffret 3 DVD Metropolitan Films
François Truffaut : J'ai été déçu quand j'allais présenter mes films à New York, de voir les critiques condescendants à l'égard d'Hitchcock; ils ne semblaient pas comprendre les raisons de l'admiration dans laquelle on le tient en Europe
François Truffaut : J'acceptais très bien l'idée de Renoir, qu'on doit sacrifier l'abstrait au concret, c'est-à-dire que l'acteur qui va jouer un personnage est plus important, plus réel que ce personnage sur papier. J'était prêt à aménager le scénario
Gilles Deleuze, CINEMA I : On sait que les choses et les personnes sont toujours forcées de se cacher, quand elles commencent. Elles surgissent dans un ensemble qui ne les comportait pas encore
Martin Scorsese : Andrew Sarris a déclaré qu'il ne fallait jamais montrer un film d'Ophuls à un spectateur de moins de trente ans. Sinon c'est du gâchis !
Terrence Malick - Le Pentateuque : The Tree of Life, A la merveille / To the Wonder, Knight of Cups, Song to Song, Voyage of Time
Louise Chevillotte : Nymphomanie ? Incarner un personnage d'une femme qui a du plaisir, qui accepte son désir, c'est une fierté. C'est tabou, c'est important de le mettre en lumière
Combien de fois pour aimer ? Ce qui est nouveau est toujours par défaut moins bien apprécié au départ. Une chanson obtient les meilleures appréciations au bout d’environ huit semaines de rotation, une douzaine d’écoutes pour un auditeur moyen
Bertrand Bonello à Laurent Lucas : Toute la difficulté repose sur quel principe de réalité adopter ? Trop près, on devient malin. Trop loin, on devient théâtral et théorique. (Myopie, presbytie... toujours, la même question, le même problème...)
Anna Karina : Chaque acteur devrait réaliser un court-métrage, et tous les réalisateurs devraient interpréter un rôle comme acteur, pour comprendre que c'est pas toujours aussi facile que ça
Marcello Mastroianni : Quel dommage que le cinéma possède le gros plan ! Parce que je viens du théâtre et qu'au théâtre, le corps est encore plus important, la voix aussi. Le regard beaucoup moins
Gérard Depardieu : Il n'y a pas de recette, pour faire un film. Je pense à Trois hommes et un couffin. Deux millions de gens qui viennent voir un gosse pisser, c'est quelque chose !
Wim Wenders : Paris, Texas. Peu à peu l'endroit même a introduit l'idée de ce décalage. C'était magique, on avait besoin d'un endroit et cet endroit nous donne une justification pour notre histoire
Jacques Doillon : Une des grandes réussites de Cassavetes, dans Une femme sous influence, c'était comment ça durait insupportablement entre sa femme, lui rentrant, les enfants. Quand on veut réduire la scène de ménage ça ne marche pas
Olivier Assayas : A l'écart des tristes excès du cinéma subventionné post-post-auteuriste, le film publicitaire a profité le premier d'une conviction porteuse dans le renouveau de la recherche en matière visuelle
Leonardo DiCaprio. D'abord, c'est un acteur, quelqu'un qui aperçoit de loin un aéroport, un hôpital, la maison accueillante d'un avocat établi, meurt d'envie d'y pénétrer, puis de s'y fondre et de ne plus le quitter, jusqu'au prochain changement de décor
Dans la scène de cérémonie masquée d'Eyes Wide Shut, l'étrangeté vient de ce que Jocelyn Pook mélange des cordes et différentes voix récitant des psalmodies échantillonnées à l'envers, magnifiant l'impression de secret obscur et de connivence sectaire
Roman Polanski : Je ne veux pas que le spectateur pense ceci ou cela : je veux simplement qu’il ne soit sûr de rien. C’est cela le plus intéressant : l'incertitude
Chez Rohmer, le théâtre du quotidien est bordé par des gouffres qui ont pour nom le sexe, la mort ou Dieu. Ouvrir la porte serait prendre le risque de se confronter au réel, au néant. Face à cette hésitation tragique, ils préfèrent faire marche arrière
Jim Jarmusch : les personnages arrivent au point d'éprouver une certaine émotion les uns envers les autres, mais quand ils parviennent à ce point-là, ils se séparent toujours
Abd al Malik : Pour moi, il y a Kubrick d'un côté et Terrence Malick de l'autre. Terrence Malick va magnifier la lumière même dans les moments difficiles. Alors que Kubrick, même dans les moments détendus, va magnifier l'obscurité
Patty Jenkins, Twitter, James Cameron, Wonder Woman, Gal Gadot : Women can and should be EVERYTHING. If women always have to be hard, tough, troubled to be strong, and we aren’t free to be multidimensional, celebrate an icon, attractive and loving, then we haven’t come very far
Eisenstein : On dira : "le spectateur n'y fait pas attention", "le spectateur ne remarque pas", "le spectateur ne crie pas". Parfaitement exact
John Cassavetes : Si nous avions fait Shadows à Hollywood, nos comédiens n’auraient pas eu la moindre chance de révéler leur immense talent
Twin Peaks (David Lynch Mark Frost 1990) / Knight of Cups (Terrence Malick 2015) : This was a vision, nice and clear as a mountain stream. The mind revealing itself to itself. In my vision I was on the verandah of a vast estate, a palazzo of some fantastic proportion. There seemed to emanate from it a light from within this gleaming, radiant marble
Song to Song | Terrence Malick
Andrew Sarris : C'est plus facile qu'avant de faire des films, mais le goût des masses est bloqué ; la seule rencontre qu'ils feront avec le film est votre texte
Andrew Sarris : Les critiques de cinéma sont mal dans leur peau, très vulnérables parce que tout le monde a une opinion sur le cinéma. Leur domaine n'est pas protégé, ce n'est pas comme le critique d'art. Donc leur écriture doit être plus exhibitionniste
Andrew Sarris : A chaque décade on entend le même refrain : c'est la fin du cinéma. Mais le cinéma continue. Simplement, nous ne percevons pas ses nouvelles formes
Deleuze : Affinité de Kurosawa avec Dostoïevski : l'urgence d'une situation, si grande soit-elle, est délibérément négligée par le héros, qui veut d'abord chercher quelle est la question plus pressante encore
Marcel Proust : D'ailleurs, ceux qui théorisaient ainsi employaient des expressions toutes faites qui ressemblaient singulièrement à celles d'imbéciles qu'ils flétrissaient. L'art véritable n'a que faire de tant de proclamations
Jeanne Moreau : "Mon agent m'a dit : "si vous tournez avec ce type (Louis Malle), on arrête de travailler ensemble". J'ai choisi le danger."
Jeanne Moreau : Moi, j'aime bien le verbe "être habité", on n'emploie plus des expressions comme ça. Etre habité par une émotion, par une pensée
Eric Rohmer : J'ai toujours fait des films pour qu'ils prennent tout leur intérêt lorsqu'on y repense, pas seulement pour l'impression immédiate. Il faut que j'aie pu en rêver
Michelangelo Antonioni / Maria Schneider / Jack Nicholson
Jean-Louis Comolli : le début d'un film, c'est une sorte de moment de grâce, où le spectateur est disponible à toute une série de coups de force, d'actes d'écriture apparemment arbitraires, dont il aura après la possibilité de comprendre la nécessité
Premier plan / Dernier plan | Terrence Malick | La Trilogie contemporaine : A la merveille / Knight of Cups / Song to Song
Les impressions que m'ont laissées mes débuts au cinéma parlant ? J'ai trouvé cet art plus difficile que le cinéma muet. Un mot d'amour, pourtant émouvant, peut si facilement faire rire !
Michel Ciment à Nicolas Guérin : Beaucoup de jeunes cinéastes ne voient pas du tout de tableaux, de peintures. Tous les grands cinéastes que j'admire avaient une grande culture picturale
Michel Ciment : Les grands cinéastes de l'imaginaire ont tout le temps été attaqués. Un cinéma de l'imaginaire où on nous demande de pénétrer dans la tête de quelqu'un. Or chacun a des rêves différents
Il nous faut "réapprendre l'émerveillement", écrivait Ionesco. Le parfait contraire de l'indifférence. "J'avais une méthode pour me tirer de la tristesse ou de la peur", confiait Ionesco
Godard : Je dois représenter encore la possibilité de dire : on peut encore faire le film qu'on veut en dehors des sentiers habituels. Ce qui est difficile, ce n'est pas de trouver de l'argent, c'est de faire le film qu'on doit faire, à sa manière
Albertine disparue / Song to Song (Proust / Malick) : Divisée en petits dieux familiers, elle habita longtemps la flamme de la bougie, le bouton de la porte, le dossier d'une chaise... | Cette exploration de l'intermittence au sens proustien / Chaque impression évoquait une impression identique mais blessée
Tarkovski : Pour le montage, mon principe est le suivant : le film est comme un fleuve : le montage doit être infiniment spontané, comme la nature même
Paul Valéry défend Terrence Malick (et Marcel Proust) de l'accusation de dépeindre des privilégiés
Sight&Sound : SIGNS AND WONDERS / the late works of Terrence Malick | 'Knight of Cups' improves on repeated viewings, which allow for a better acquaintance with the emotional dilemmas of its characters
René Girard : Ce n'est plus l'image, ici, qui sacralise la perception, c'est la perception qui sacralise l'image. Mais Proust traite cette fausse image en image vraie et lui fait réfléchir le sacré d'emprunt qu'elle tient du médiateur
Peter Greenaway : J'allais voir des films commerciaux comme tout le monde. Un jour un ami m'emmena voir Le Septième Sceau de Bergman. C'est alors que je me suis rendu compte des possibilités du cinéma
Le maître à l'acteur : En arrivant ici tu attendais trop de moi. Il fallait que tu t'accommodes à moi, que je perde de mon importance pour que je puisse te parler sans te décevoir
Terrence Malick : Kit pense qu'il est un personnage d'un poids historique. Mais la fille, sa meilleure historienne, vit une autre vie, si bien que son histoire coule à pic, sans laisser de traces

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