ARIANE LABED

ARIANE LABED

"Je crois que le cinéma peut tout se permettre, il peut tout inventer, et c'est des gens qui le savent (ceux avec qui j'aime travailler), et qui s'en servent, et qui créent des nouvelles formes. Moi c'est la raison pour laquelle je fais du cinéma. C'est un des arts les plus jeunes qui soit, et qui peut intégrer toutes les formes d'expression, il me semble... Après on se limite à se dire que c'est juste là pour refléter une réalité, moi je pense que ça peut être beaucoup plus que ça, le cinéma... ça peut offrir un milliard de langages et un milliard de formes possibles, il n'y a absolument rien d'inscrit. Je pense qu'on peut tout se permettre et qu'on peut tout chercher. Et moi, en tant qu'actrice, j'ai ce passé-là de danseuse, et c'est quelque chose que j'aimerais pouvoir aussi vivre et traverser à travers le cinéma... (...) J'aimerais bien garder une logique de danseur plutôt que d'acteur, dans mon travail d'actrice... parce que je ne travaille pas de façon psychologique, mais je fais tout passer en priorité par le corps." (Ariane Labed, de la danse au cinéma, extraits d'un entretien vidéo avec Ludovic Denizot, octobre 2015, UniversCine.com)

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ART DE L'ACTEUR

"Qui veut faire un peu de théâtre avec moi ?"

Ariane Mnouchkine (2004) :

"Ce que nous essayons d'enseigner ? Qu'il n'y a pas de recettes, mais des lois. Ecouter - tout vient de l'autre -, recevoir avant de faire quoi que ce soit, d'ailleurs ne jamais rien faire, ne jamais fabriquer.

Et quelques règles toutes simples. Par exemple : donner une âme complète à son personnage, qu'il puisse être à un moment Einstein ou Desdémone, ou un gros bébé, ou la reine d'Angleterre, ne pas froisser irrémédiablement la page avant d'être entré sur le plateau, ne pas préjuger d'un personnage. Ne pas composer non plus, mais déplier chaque passion, chercher le petit pour trouver le grand : Dieu est dans les détails. Trouver l'état, le sentiment, comme disait Jouvet. Ecouter les nouvelles venues de l'intérieur de soi, comme dit Eschyle. Ecouter les nouvelles venues de l'intérieur de l'autre. Ne pas orner. Savoir qu'il n'y a pas de mouvement sans arrêt, aller d'une immobilité à une autre, comme les danseurs qui s'arrêtent, même en l'air, regardez-les ! Il n'y a pas de musique sans silence. Pas de force sans calme. Pas d'Océan qui ne soit borné par un rivage. Ecouter. Tout est vrai, tout se passe à l'instant même, jamais plus tard, jamais avant, jouer au présent, une seule chose à la fois. Oublier complètement l'état précédent pour pouvoir jouer le présent. Ecouter. Savoir s'abandonner, s'abandonner à la versatilité des états. Ecouter. Voir ce qui se passe en soi certes, mais se voir aussi dans l'Histoire, ne jamais laisser l'imagination se refermer. Le beau stage est celui où, tous, nous découvrons, nous entendons ce qui, depuis toujours, était là. Masqué par le tohu-bohu.

Et, bien sûr, discipline, travail, économie, pas avarice. L'économie, c'est ne pas faire ce qui est inutile comme déplacement, comme geste, comme mots. L'avarice, c'est se contenter d'un vide sec, ne pas faire l'effort pour trouver à l'intérieur de soi ce vide fertile, plein de virtualités.

Par un oubli de soi. Mettre un gros morceau de soi de côté. Certains peuvent, d'autres non. Les outils : le masque, les marionettes, aident à cela."

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